Les différents types de tannage pour le cuir

Nous l'avions abordé dans une autre article, Qu'est-ce que le cuir et d'où vient-il?, différentes étapes sont réalisées avant d'arriver à l'opération du tannage. C'est ici que le cuir prend son aspect et surtout sa couleur définive. Différents types de tannages existent, nous allons les aborder ici.

 

Le tannage végétal

 

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Le tannage est l’opération qui consiste à transformer la peau en cuir grâce à des tanins, substances de différentes natures (végétal, minéral ou combiné) qui permettent de passer d’une peau putrescible, à une matière imputrescible le cuir. 

Le tannage végétal est la méthode la plus ancienne. Il nécessite l’emploi de tanins végétaux qui peuvent être très variés : écorces d’arbres (de chêne le plus souvent de mimosa, châtaignier, quebracho …), de feuilles ou de racines. Le choix du tanin utilisé dépend de l’espèce animale dont provient la peau et des propriétés recherchées pour le cuir. Le tannage végétal peut s’effectuer par trempage des peaux dans des cuves contenant les tanins ou dans des foulons de tannerie. Il se réalise lentement sur des périodes allant de quelques jours à plusieurs mois. Il produit des cuirs souvent fermes voire durs, utilisés dans la fabrication de semelles, de selles, de bandoulières et poignées de sacs, de ceinturons, dans l’ameublement, etc.

 

Le tannage minéral ou appelé aussi au chrome

 

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Le tannage minéral est la méthode la plus courante. Il nécessite l’emploi de tanins minéraux : sels de chrome, sels de fer, sels de zirconium… Ce type de tannage s’effectue par trempage des peaux dans des foulons. Le tannage le plus utilisé est celui qui s’effectue au moyen de sels de chrome, technique découverte à la fin du XIXème siècle. Très rapide (de quelques heures à quelques jours), il produit des cuirs plus ou moins souples selon les conditions opératoires, présentant une grande résistance à la traction et aux déchirures et supportant des températures élevées. 

 

Du cuir tanné au cuir fini

 

Cette partie du process a pour but de transformer le cuir tanné en cuir fini, prêt à être façonné. Elle comporte de nombreuses opérations manuelles, mécaniques et chimiques au cours desquelles le tanneur tiendra compte des caractéristiques recherchées selon le type de commande et l’utilisation ultérieure du cuir.

 

Retannage : Les peaux sont remises dans des foulons contenant des tanins et des matières grasses pour subir un léger retannage. 

Essorage : Un premier essorage servant à éliminer une grande quantité d’eau est effectué à la presse ou au moyen d’une machine munie de cylindres de feutre.

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Mise au vent : Les peaux sont ensuite suspendues pour le séchage soit à l’air libre dans des greniers, soit en étuve équipée d’un système de ventilation d’air chaud ou sur des cylindres chauffants.
Les peaux ainsi séchées sont raides.

 

 

 

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Le Dérayage : Le dérayage permet d’égaliser l’épaisseur des peaux. 

 

 

 

 

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Mise en humeur Palissonnage : Le tanneur procède alors à la mise en humeur, c’est-à-dire à leur humidification légère et harmonieuse afin de les préparer à l’opération suivante qui consiste à les assouplir. Il s’agit du palissonnage aucours duquel le professionnel exerce une pression plus ou moins forte sur la peau placée contre les lames arrondies d’une roue tressautante. 

 

 

 

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Grainage : L’impression qui s’effectue par pression d’une plaque gravée sur le cuir est une technique utilisée pour créer un grain artificiel sur le cuir, pour décorer le cuir de dessins en relief.

 

 

 

 

 

Toutes ces opérations de finition confèrent à la matière des propriétés protectrices contre les tâches, le frottement, l’eau ou la lumière ainsi que des caractéristiques esthétiques concernant la brillance, la couleur, le toucher ou le relief.

 

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Veloutage : Le veloutage s’effectue par meulage ou par ponçage très doux pratiqué sur la fleur pour donner un cuir nubuck ou côté chair pour donner du velours.

 

 

 

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Le Lissage : Le lissage ou satinage est destiné à rendre le cuir lisse et brillant. Il est réalisé par frottement d’un cylindre de verre ou d’agate sur la fleur ou par pressage du cuir contre une plaque chauffée.

 

 

 

 

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La liéage : Le liégeage se fait au moyen d’une machine équipée de cylindres de liège ou à la main et permet d’amplifier l’aspect du grain sur la fleur. 

 

 

 

 

Source et Graphiques : Conseil National du Cuir



Qu'est-ce que le cuir et d'où vient-il?

On le trouve partout : pour se chausser, pour se vêtir,  pour transporter, pour embellir ou protéger des objets... bref cette matière est utilisée depuis des milliers d'années dans notre quotidien. Mais savez-vous exactement ce qu'est le cuir ? De quel animal et de quelle partie ? Existe-t-il plusieurs plusieurs finitions et qualités ?

 

Le cuir, c'est quoi exactement ?

 

On nomme « cuir », la transformation d'une matière putrescible (la peau d'un animal), en un produit durable et imputrescible. Pour avoir un article fini, il faut faire appel au mégissier ou au tanneur. Le premier va traiter les peaux de chèvre, chevreau, mouton et agneau, et le deuxième toutes les autres (bovins, mais aussi reptiles). Il est donc normal que nous retrouvions régulièrement des usines de délainage à côté, ou directement associées, à celles de mégisserie. Par définition sont donc excluent de cette dénomination, toutes les matières non issues de la transformation de la peau animale. 

La fabrication du cuir

L'industrie de lait et de la viande est étroitement liée à celle du cuir. L'un ne va pas sans l'autre. Il va donc de soit, que cette filière soit aussi concernée par le bien-être de l'animal. On dit à raison qu'un animal maltraité ne donne pas une belle peau. De fait, depuis des années le Syndicat Général des Cuirs et Peaux (SGCP), la Fédération Française de la Tannerie Mégisserie (FFTM) et le Conseil National du Cuir (CNC), aidés de CTC, mènent des actions de sensibilisation auprès des éleveurs et des abatteurs pour les inciter à vacciner les animaux, leur administrer des traitements antiparasitaires, améliorer les installations d’élevage et les conditions de transport. L'environnement est aussi au coeur de cette filière florissante. Les entreprises de la tannerie mégisserie sont soumises à la législation française et européenne sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

 

Cuir, une appellation protégée et réglementée.

 

« L’utilisation du mot « cuir » […] est interdite dans la désignation de toute autre matière que celle obtenue de la peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la forme naturelle des fibres de la peau. » - article L.214-1 du code de la consommation – Il existe des matières pouvant qui ressemblent, qui sont issues de fruit ou de légumes, comme l'ananas ou le champignon, mais il ne peut y avoir le mot cuir associé à cette matière. L'imiation est aussi un problème pour cette filière. Les consommateurs sont régulièrement piégés par des matières qui imitent ses dessins et son aspect visuel. Il faut parfois être un fin connaisseur pour les différencier. Attention donc aux dénominations tannage végétal (transformation avec des tannins végétals) et vegan (matière non issue de la transformation de peaux animales).

Autre problème, il existe depuis quelques temps des matières issues du cuir, mais qui n'en est pas. C'est simplement une matière composée de poussière de cuir, de colle et autres produits inconnues. Donc vous pouvez avoir des chaussures arborant le logo de cette noble matière sur ses semelles, mais pour autant ces dernières ne sont pas en cuir véritable. Pour plus d'informations, je vous invite à lire notre article sur la définition des logos des étiquettes des souliers.

AutreCuirCuir_Enduit.giftextile.gifDessus_de_la_chaussure.gifSemelle_exterieure.gifSemmelle_et_doublure_exterieure.gif

 

Au départ, le cuir est une peau.

 

La peau fait partie du Cinquième Quartier (toute partie de l’animal autre que la viande). Cette matière périssable doit suivre des procédés très strictes, pour être utilisée par la suite sur des chaussures, des sacs, des canapés... Sur les sites d’abattages, la peau est rigoureusement séparée de l’animal. Le gras et les muscles sont enlevés, cette opération se nomme le parage. 

L'élaboration du cuir

Ensuite, vient tout le procédé du tannage et de la conservation des peaux. C'est lors de ces étapes que la matière prend sa forme définitive : lisse, daim, nubuck... mais aussi sa teinte. Parmis ces procédés vous allez retrouver : 

Le salage des peux en cuir

 

Le salage : les peaux sont recouvertes de sel pour éviter leur dégradation et afin d'éliminer l'eau. Elles sont empilées les unes sur les autres afin de faciliter l'écoulement de la saumure. Cette étape peut aussi être réaliser en foulon (Tonneau tournant sur son axe, rempli d’eau et d’agents tannants)

 

 

 

Le saumurage des peaux en cuir

 

 

Le saumurage : les peaux sont plongés dans des bains remplis d'une solution saline.

 

 

 

 

Le séchage des peaux en cuir

 

 

 

Le séchage : Les peaux sont exposées à l’air libre ou en étuve afin de permettre leur déshydratation, avant pliage et stockage dans des chambres froides.

 

 

Le tri des peaux en cuir

 

 

 

Le tri : avant dêtre vendues aux différents tanneurs ou négociants, ces peaux brutes sont triés et classées en fonctions de leur qualité, leur poid et évidement leur espèce.

 

 

 

 

 

Le travail de rivière

 

Cette étape a pour but d'éliminer  l'épiderme, les poils et les tissus graisseux ainsi que de nettoyer les peaux afin d'améliorer la pénétration des agents tannants. 

Travail de rivière fabrication du cuirLa trempe ou reverdissage : on hydrate la peau, pour lui redonner un taux d'hydration optimal pour les étapes suivantes. On élimine toutes les impuretés et on ajoute de l'antiseptique pour évituer la putréfaction de la peau.

L'épilage et le pelannage : on va utiliser des produits chimiques pour détruire la kératine, pour qu'ainsi tous les poils soient éliminés. Le pelannage consite à dégrader la fibre, pour les tannins pénètrent plus facilement lors des étapes du tannage. C'est grâce à ce procédé que l'on peut donner plus ou moins de souplesse à la matière.

L'écharnage : à l'aide d'une machine nommé écharneuse, on supprime les tissus sous-cutanés, pour ne conserver que le derme, et ainsi avoir notre peau prête pour passer en tannerie.

La dernière étape est donc le Tannage, que nous abordons dans cette article.

Vous l'aurez compris, le cuir est un produit qui regroupe plusieurs métiers et savoir-faire. Ceci explique que votre veste en cuir véritable est plus cher qu'un blouson en simili-cuir. Mais ceci explique aussi pourquoi il faut l'entretenir et le nourrir avec de bons produits comme le cirage, et bien le protéger pour qu'il dure dans le temps.

Source et Graphiques : Conseil National du Cuir



Les cirages de chez Bisseuil & Huet

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Tout le monde ne parle que de Famaco et Saphir comme marques de cirage français pour le cuir , mais bien avant eux, de nombreux petits et gros fabricants se bousculaient pour vendre cette pâte. L'un des plus gros était P. Bisseuil , une manufacture de boîtes métalliques. L'entreprise développa plusieurs nom dans le domaine de la cire d'entretien : Le Cirage des Dames, Sans Rival, Electra, Flambo...

 

Les années 1900, l'âge d'or pour le cirage

 

Il faut savoir que tout au long de la première moitié du XXème siècle, la France est dominait le marché européen de la production de crèmes pour chaussures. On pouvait compter même jusqu'à plus de 110 fabricants en 1920, rien que dans le région Parisienne. Le mode de consommation et la mode était largement différente qu'aujourd'hui. Les gens ne possédaient qu'une seule paire de chaussure toute en cuir qui valaient très cher pour l'époque. Il était donc promordial de les conserver le plus longtemps possible. 

En 1872, la manufacture P. Bisseuil voit le jour. Elle fabrique les fameuses boîtes métallique qui contiennent le produit pour l'entretien du cuir. Pour avoir une idée de la quantité de produits consommés, en 1889 l'Europe fabriquait plus de 30 000 tonnes de cirage, dont les 2/3 venaient de France. La demande en boîte en fer-blanc explosait. C'est grâce à cette forte demande que l'entreprise parisienne se développa et changea plusieurs fois de locaux pour s'agrandir. Elle reçue également de nombreuses récompenses pour son savoir-faire, comme en 1879 à Sydney, en 1882 à Bordeaux, 1883 à Amsterdam...

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Les cirages Electra et Flambo

 

En plus de la fabrication des boîte, l'usine va concevoir le produit en lui-même. Ce qui donner des marques comme Cirages des Dames (1891-1900) Le Cirage Sans Rival (1895-1925), le plus connu Electra (1910-1960). Des associations entre plusieurs marques se feront au fil des années. En 1948 par exemple, Flambo rejoint le groupe pour donner au final le nom Bisseuil & Huet-Flambo.

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La marque cependant ne résistera pas à l'arrivée de la grande distribution et du changement de consommation des clients. Le 11 Avril 1985, elle est mise en règlement judiciaire. Avel, marque alors en plein développement au niveau européen, rachète la marque et les usines. Ainsi disparaît P. Bisseuil & Huet-Flambo, dépassé par le changement soudain de la mode et l'arrivée de nombreux concurrents asiatiques.

 

Source : 1001 Histoires de Boîtes à Cirage - Laurent Vernay - Edition Shiraz

 



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